Histoire de la Zorna PDF Imprimer Envoyer
Écrit par Sofiane Sid-Ahmed GHERBI on Mardi, 30 Novembre 1999 00:00   


La "Zurna", - زرنا - زورنا - (zourna, zorna, zurla, zokra, surnay, surnai), est un instrument à vent, une sorte de clarinette, à anche double de la grande famille des hautbois répandu dans tout le monde arabo-musulman et dans les Balkans et dont les origines remontent au VIIIe siècle. Elle se distingue du hautbois par l'absence de clefs. De par son timbre criard, elle est souvent pratiquée en duo avec un autre instrument (davul, t'bel...). 

Instrument de fêtes; elle est aussi utilisée lors de cérémonies religieuses. Selon les régions et pays. Elle porte divers noms : (ghaïta, zamr, zamour ou mizmar,...)

"Zurna" tire son nom du persan زورنه (zur : fête, corne ou force et ney : roseau). s'écrivant : "sourna, surnâ سرنا - سورنا et صرناي" du malais "سروني sarouni " : "flûte".

Dans le dictionnaire persan, on retrouve d'ailleurs cette explication ou on reconnais les termes arabes désignant le Hautbois et le Ney : (زرنا - سرنا - بوق - صرناي - صرنا) composés presque tous, que ce soit "Zorna" ou "Sorna" du terme arabe "ناي - Ney":

زرنا - دهخدا : - [ زُ ] [ اِ ] سرنا. بوق. (فرهنگ فارسي معين ). صرناي . (دزي ج 1 ص 589). رجوع به سرنا و صرنا شود.

En langue turque actuelle "Zor" signifierait: ( "force [la], vigueur [la], violence [la] * difficile") dont l'équivalent osmanli (la langue ottomane d'antant) n'est que "Zur" qui porte le même sens qui est : "Kuvvet, güç" et "Yalan. Asılsız. Uydurma" = FORCE.

"Zurna" en turc est la "clarinette ", "a reed instrument somewhat resembling an oboe." بوق en langue arabe. 

En combinant les deux composante du terme "ZUR-NA(Y)" Donnerait un "NEY-FORT" dont "NEY" vient de l'arabe et "ZUR" du turc et du persan. les termes Zorba (Bir işi zorla yaptıran. * Kuvvetli, güçlü.) pour "forban" tien le même origine, c-à-d. du turc (ottoman) ainsi que "ZURHANE" pour "salle de sport".

Le joueur de "Zorna" ou de cette clarinette se nomme "Zarnagi/Zarnadji زرناجي" composé du terme désignant la clarinette/hautbois [زورنا zorna] et du suffixe جي [dji/gi/] et en langue turque [ci], particule turque qui est ajoutée aux noms de métiers ou de professions pour indiquer la personne qui l'exerce.

En Afrique du Nord, elle reçoit aussi les appellations suivantes : (algaita, ghaita, rajta, rhaita, etc).

La "zurna" s'est répandue dans toutes les contrées sous domination musulmane, notamment en Turquie, en Azerbaîdjan, Turkménistan, Kazakhstan, Ouzbékistan, en Arménie, en Roumanie par les tziganes, en Géorgie, en Iran, en Syrie, en Iraq, au Liban, en Égypte, au Maghreb, au Niger, en Grèce (aussi pipiza et karamouza) et dans les Balkans, Bosnie, Croatie, Serbie, Kosovo, ... etc. Bien des variantes existent par ailleurs en Extrême-Orient, en Asie centrale et du Sud-Est, en Chine (Ouïghours ) et en Inde.

À l’époque ottomane, en raison de sa puissance considérable, cet instrument était utilisé dans la musique militaire des janissaires : les mehters.

La "zurna" est faite d'un tuyau conique en bois de mûrier, de buis ou d'abricotier. La perce est cylindrique pour la partie supérieure, conique pour la pavillon et rappelle son ancètre, la corne. Elle a huit trous (dont un pour le pouce et un d'accord). Un petit tuyau de bois fendu est inséré dans le conduit principal afin de guider l'air et afin d'en obturer certains trous éventuellement. L'anche double amovible en roseau plié est fixée à un support de métal, qui lui-même est fixé sur une rondelle protectrice en bronze. Elle a généralement trois tailles différentes de 22 à 60 cm.

La "zurna" se joue debout, souvent avec la technique du souffle continu. Elle a un registre d'un octave et demi, et l'accord est diatonique ; la justesse du jeu, d'autant plus problématique que la musique orientale utilise des quarts de ton, dépend beaucoup de la compétence du musicien. Celui-ci doit adapter constamment la hauteur des sons en faisant varier la pression du souffle.

Elle est utilisée dans la musique populaire, traditionnellement en duo avec le "tambour davul" ou "daouli", et généralement jouée en plein air durant les fêtes et les mariages au Proche-Orient et en Afrique du Nord.

Une légende fait remonter le "Becheraf a'adjami" exécuté par les troupes populaire algéroise de la "Zorna" et notamment par "Boualem Titiche" au temps de Harun.

Ce morceau est l'un des plus anciens du répertoire, à en croire du moins la légende émouvante qui explique à la fois le titre sous lequel il est le plus communément désignée, et sa composition assez originale.

En effet, il s'appel aussi "Noubet Es-skat" (Suite en Silence) parce qu'il se caractérise par l'alternance de développements joués à la "Zorna" et de silences meublés par le seul battement des "tebbels" et des "Nagharats".

Une légende fait remonter son origine au règne du Calife Haroun El-Rachid, et plus précisément à l'époque de la fameuse tragédie des Barmekides qui l'a si dramatiquement illustré.

C'est le matin, à l'heure où l'Emir des Croyants pénètre dans la salle du Trône, salué par la fanfare du Palais. Il a l'air sombre des mauvais jours, car, la veille, dans un accès de colère terrible, il avait ordonné la mise à mort des vizirs Barmekides et de leurs parents. Obéissant aux instructions reçues, Masrour, exécuteur des hautes oeuvres, apporte au bout d'un sabre ensanglanté la tête de l'infortuné Djaffar. Chacun retient ses larmes comme il peut ... Quand aux musiciens, ils font de leur mieux pour continuer à souffler dans leurs bois et leurs cuivres. L'émotion trop forte les oppresse et de loin en loin, leur coupe complètement la respiration. Les Tebbels seuls continuent leur sourd martèlement, pour accompagner leurs sanglots et les couvrir.

La "Zorna" reste jusqu'à nos jours ensorcellante accompagnant nos fêtes et réceptions et le plus étonnant et le fait de retrouver ce même genre de musique en pleine Chine au sein du peuple Ouïghours et avec le même style.

Auteur de l'article,

Sofiane Sid-Ahmed GHERBI

Written by :
 

The comment section is restricted to members only.
 

Groupes actifs

    Aucun groupe actif.

Connexion

Actuellement 8 auditeurs

Ads on: IPweb Algerie

Associations à la Une

Association IBN BADJA Mostaganem (Avempace)


BENKRIZI Sidi Mohamed Fodil, le fils...


The comment section is restricted to members only.

Commentaires sur les Videos

  • Aucun commentaire actuellement.
« 1 2 3 »
« 1 2 »
« 1 2 3 »
Newest
Active
Popular

Top Members

Online Users

0 membres et 3 invités En ligne | Tout afficher

Discussions

Aucune discussion actuellement.

Notre Agenda

Hommage d'un Maitre à Koléa


Hommage au Maitre Attouchi à Koléa d...


The comment section is restricted to members only.
le premier Festival régional de la mu...

The comment section is restricted to members only.
Le festival du Hawzi de Blida aura lie...

The comment section is restricted to members only.

Radio Andalousse

Logo Webradio Andalousse

La Radio Andalousse est née début du mois de Mai 2008, et a eu pour principale mission la promotion de la musique arabo-andalouse, et des artistes ou associations musicales.


Ce site respecte le droit d'auteur. Tous les droits des auteurs des oeuvres protégées reproduites et communiquées sur ce site, sont réservés.
© Magazine Andalousse 2008 Tous droits réservés
Alger - Algérie


Actualités - La presse - Evènements - Archives - Albums - Biographie - La Webradio - Associations - Forums - Partenaires - Notre Toolbar